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Sécurité des mâts en Suisse : vent, responsabilité et travaux en hauteur

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Un mât reste des années en plein air, souvent près de personnes, de voitures et de bâtiments. Il doit résister aux tempêtes, et la personne qui y travaille se retrouve vite à plusieurs mètres du sol. Ce guide résume les règles et recommandations qui comptent en Suisse pour la sécurité des mâts.

Vent et tempête

Arbres courbés et façonnés par le vent fort
Arbres façonnés par le vent. Photo: Kurt Cotoaga / Unsplash

Le vent est la principale sollicitation pour le mât, la fondation et le drapeau. Le Portail des dangers naturels de la Confédération décrit les degrés de danger pour lesquels MétéoSuisse émet des avis de vent :

DegréRafales à basse et moyenne altitudeRafales en altitude
2 – danger limité70–90 km/h100–130 km/h
3 – danger marqué90–110 km/h130–160 km/h
4 – fort danger110–140 km/h160–200 km/h
5 – très fort dangerplus de 140 km/hplus de 200 km/h

La transition entre les zones se situe vers 1000 m dans le Jura et sur le Plateau du versant nord des Alpes, et vers 1600 m dans les Alpes et au sud des Alpes. Beaucoup de propriétaires de mâts amènent le drapeau en cas d’avis de tempête, car un drapeau hissé augmente nettement la charge du vent sur le mât.

La maison Heimgartner Fahnen AG relève qu’un mât plus haut est plus exposé aux intempéries et que le diamètre et l’épaisseur de paroi déterminent la stabilité. Les fabricants indiquent pour leurs mâts la vitesse du vent et la taille de drapeau pour lesquelles ils sont conçus.

Stabilité et normes

Il n’existe pas en Suisse de norme propre aux mâts. Les lois cantonales sur les constructions exigent que les constructions et installations soient stables. Le canton de Vaud précise à l’article 20 RLATC qu’à défaut de prescriptions contraires, les éléments d’ouvrage sont conçus et dimensionnés selon les normes de résistance de la SIA ; pour l’action du vent, il s’agit de la norme SIA 261. Pour la fondation et la fixation, ce sont en pratique les indications du fabricant, adaptées à ces charges, qui font foi.

Responsabilité

Un mât fixé durablement au sol ou à un bâtiment peut être un ouvrage au sens de l’article 58 CO. Selon cette disposition, le propriétaire d’un bâtiment ou de tout autre ouvrage répond du dommage causé par des vices de construction ou par le défaut d’entretien. Cette responsabilité ne suppose pas de faute. Le recours contre les personnes responsables envers lui, par exemple une entreprise de montage, est réservé. Des contrôles réguliers et un entretien documenté peuvent jouer un rôle en cas de sinistre. Plus de détails dans le guide de l’entretien du mât.

Travaux en hauteur

La drisse, la poulie et la pomme se trouvent au sommet du mât. Un mât n’offre guère d’appui à une échelle, qui peut glisser latéralement. La Suva rappelle dans sa brochure « Travailler en toute sécurité avec des échelles portables et des escabeaux » (édition 2023) le principe selon lequel les échelles portables ne devraient être utilisées que s’il n’existe pas d’alternative plus appropriée. Pour les mâts, de telles alternatives existent :

  • Un mât basculant peut être couché, si bien que toutes les pièces sont accessibles depuis le sol.
  • Un mât planté dans un fourreau peut être retiré avec de l’aide et entretenu au sol.
  • Pour les mâts élevés, des entreprises spécialisées proposent l’entretien avec une plateforme élévatrice.

Électricité et foudre

Éclairs au-dessus des toits de Lausanne pendant la nuit
Orage sur Lausanne. Photo: Orphée, 1er août 2012, Lausanne, Prélaz / Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0

Les mâts en aluminium et en acier conduisent l’électricité. Lors de l’installation et lorsqu’on couche un mât basculant, la distance aux lignes aériennes est donc importante. La nécessité d’une protection contre la foudre dépend de l’emplacement et du bâtiment et peut être appréciée par des électriciens.

Enfants, drisse et taquet

Une drisse qui pend librement peut présenter un danger pour les jeunes enfants. Un taquet placé assez haut ou une drisse intérieure avec trappe fermant à clé réduit le risque que l’on joue avec la drisse et le drapeau. Une protection de pied préserve le mât de la tondeuse et du coupe-bordure, dont les chocs peuvent affaiblir la paroi.

Après une tempête

Après une tempête, un contrôle visuel permet de voir si le mât est toujours d’aplomb, si la fondation et le fourreau sont intacts, si la pomme et la poulie sont bien fixées et si la drisse est usée. Un mât qui bouge ou penche signale un dommage à la fondation ou à la fixation. Plus de détails dans le guide de la réparation du mât.

Questions fréquentes

Qui répond des dommages si un mât tombe ?

Selon l’article 58 CO, le propriétaire d’un bâtiment ou de tout autre ouvrage répond du dommage causé par des vices de construction ou par le défaut d’entretien. Un mât peut être un tel ouvrage. Le recours contre d’autres responsables, par exemple une entreprise de montage, est réservé.

À partir de quelle force du vent la Confédération émet-elle des avis ?

Selon le Portail des dangers naturels de la Confédération, les avis de vent sont émis pour les degrés 2 à 5. Le degré 2 correspond à des rafales de 70 à 90 km/h à basse et moyenne altitude, le degré 3 à 90 à 110 km/h, le degré 4 à 110 à 140 km/h et le degré 5 à plus de 140 km/h.

Peut-on appuyer une échelle contre un mât ?

Un mât n’offre guère d’appui sûr à une échelle. La Suva rappelle dans sa brochure sur les échelles le principe selon lequel les échelles portables ne devraient être utilisées que s’il n’existe pas d’alternative plus appropriée. Les mâts basculants permettent de travailler au sommet depuis le sol.

Existe-t-il une norme pour les mâts ?

Il n’existe pas en Suisse de norme propre aux mâts. Les lois cantonales exigent des constructions stables ; le canton de Vaud renvoie à l’article 20 RLATC aux normes de la SIA. Les fabricants indiquent pour leurs mâts la charge du vent et la taille de drapeau admissibles.

Sources

Ce guide s’appuie sur les sources suivantes :