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Flagpole Guides

Histoire du drapeau suisse : de la croix de Laupen à la loi sur la protection des armoiries

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Le drapeau suisse est plus jeune qu’on pourrait le croire. La croix blanche est certes attestée depuis le XIVe siècle comme signe des Confédérés, mais un drapeau commun à toute la Suisse n’existe que depuis le XIXe siècle. Son histoire passe par des champs de bataille, le service étranger et une brève période sous un tricolore vert, rouge et jaune. Les principales sources sont le Dictionnaire historique de la Suisse et l’annexe historique du règlement sur les drapeaux de l’armée.

Bannières des cantons et croix blanche

Au Moyen Âge, les cantons confédérés partaient en guerre sous leurs propres bannières, aux couleurs de chaque État. Il n’existait pas de bannière fédérale. Faute d’uniformes, un signe de reconnaissance commun était nécessaire : une croix blanche faite de bandes de toile, cousue sur les vêtements ou fixée aux drapeaux et aux armures.

La croix blanche est attestée pour la première fois en 1339, à la bataille de Laupen : selon le récit d’un frère de l’ordre Teutonique bernois de l’époque, les Bernois partirent marqués, du plus grand au plus petit, du signe de la sainte croix en drap blanc. Elle les distinguait de la croix rouge de Saint-Georges des Autrichiens et de la croix de Saint-André que portaient les lansquenets. Au XVe siècle, les cantons placèrent aussi la croix blanche sur leurs fanions. Selon le règlement sur les drapeaux, elle ne devint le véritable signe national des Confédérés qu’entre 1450 et 1520 environ.

Bannières de Jules II, drapeaux francs et drapeaux flammés

En 1512, le pape Jules II offrit aux Confédérés, en remerciement de leur soutien en Italie du Nord, les somptueuses bannières dites de Jules II. Au XVIe siècle, les troupes confédérées partirent de plus en plus sous des fanions et des drapeaux francs, et de nouveaux emblèmes apparurent pour les Suisses au service étranger : la croix blanche traversante, avec quatre quartiers aux couleurs des capitaines.

Dans la seconde moitié du XVIIe siècle apparut le motif flammé, qui marqua les drapeaux militaires pendant près de 200 ans : la croix blanche traversante et quatre quartiers ornés de flammes aux couleurs cantonales. Selon le règlement sur les drapeaux, il est très probablement né chez les Suisses au service de la France avant d’être imité au pays.

Le tricolore helvétique

En 1798, les armées révolutionnaires françaises attaquèrent la Confédération, et la République helvétique fut proclamée le 19 mars 1798. Le 13 février 1799, le Directoire helvétique décida l’introduction de nouveaux drapeaux sur un modèle unique, aux couleurs vert, rouge et jaune. Le règlement sur les drapeaux de l’armée considère ce tricolore helvétique comme le premier drapeau national de la Suisse. Avec l’Acte de médiation de 1803, la république unitaire prit fin et les drapeaux flammés à croix blanche revinrent à l’honneur.

Sceau, brassard et drapeau fédéral de Dufour

En 1814, la Diète discuta un projet d’article constitutionnel selon lequel le sceau de la Confédération serait l’emblème des anciens Suisses : une croix blanche alésée sur fond rouge. Il fut utilisé pour la première fois lors du Pacte fédéral de 1815. Le général Niklaus Franz von Bachmann introduisit le 3 juillet 1815 un brassard rouge à croix blanche, que reprit le règlement militaire de 1817. Les contingents des cantons conservaient toutefois des drapeaux différents ; seuls la croix blanche, le nœud rouge et blanc utilisé en partie et le brassard étaient communs.

Cela changea grâce à Guillaume Henri Dufour. En 1830, il écrivait qu’il était plus important qu’on ne le croit de n’avoir qu’un seul drapeau, car le drapeau est le signe de ralliement. Après dix ans d’efforts, il obtint qu’en juillet 1840 l’autorité fédérale de surveillance militaire décide un drapeau unique : chaque bataillon d’infanterie reçut de son canton un drapeau à croix blanche sur fond rouge, avec le nom du canton en lettres d’or. Le peintre Carl Stauffer dessina le modèle en 1841. La première Constitution fédérale de 1848 mentionne expressément le drapeau fédéral, et en 1852 le drapeau et l’étendard furent décrits avec précision dans le règlement de l’armée fédérale.

La croix de 1889

La forme de la croix fut longtemps débattue : croix carrée aux branches courtes ou branches plus longues comme sur le sceau fédéral. Le 12 décembre 1889, l’Assemblée fédérale décida que les armoiries de la Confédération sont, sur fond rouge, une croix blanche verticale et alésée dont les branches égales entre elles sont d’un sixième plus longues que larges. Selon le règlement sur les drapeaux, rien d’essentiel n’a changé depuis dans les emblèmes.

Le 1er août et le drapeau

Photographie en couleur d’une cérémonie devant une église ornée d’une croix suisse, avec un orateur et de jeunes gymnastes
Relais du Grütli à Olten, 1941. Photo: Ernst Klöti, Zentralbibliothek Solothurn Ernst Klöti 2236 Rütlistafette Olten / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0, recadrée

En parallèle naquit la fête nationale. Selon le Dictionnaire historique de la Suisse, elle se réfère au pacte de 1291 et fut célébrée pour la première fois en 1891, pour le 600e anniversaire ; à partir de 1899, le Conseil fédéral fit sonner les cloches le soir du 1er août. Depuis une votation de 1993, le 1er août est un jour chômé. Le feu, le discours, les lampions et les feux d’artifice font partie, selon le Dictionnaire historique, des fêtes du 1er août.

La loi sur la protection des armoiries de 2013

La loi sur la protection des armoiries du 21 juin 2013, en vigueur depuis le 1er janvier 2017, a abrogé l’arrêté fédéral de 1889 et la loi de 1931 sur la protection des armoiries publiques, mais a repris la définition de la croix. Elle fixe désormais aussi, par des modèles, la forme, la couleur et les proportions des armoiries et du drapeau. Selon le règlement sur les drapeaux, la position centrale de la croix dans le drapeau découle ainsi pour la première fois du droit, et le rouge est défini de manière contraignante comme Pantone 485.

De la bannière portée au mât

La façon de montrer le drapeau a elle aussi changé. Selon le Dictionnaire historique de la Suisse, le drapeau médiéval était une pièce unique fixée à une hampe, portée et exposée lors de certaines occasions, mais jamais hissée. Le pavillon vient de la navigation du XVIIe siècle ; ce n’est qu’avec l’éveil du sentiment national à la fin du XVIIIe siècle qu’on se mit à hisser des drapeaux aussi à terre. Aujourd’hui, presque tous les bâtiments publics ont trois mâts pour les drapeaux suisse, cantonal et communal, et les drapeaux portés survivent dans les emblèmes de l’armée et les drapeaux de sociétés. Ce que signifie le drapeau aujourd’hui est expliqué dans le guide le drapeau suisse.

Questions fréquentes

Depuis quand le drapeau suisse existe-t-il ?

La croix blanche est attestée pour la première fois comme signe de ralliement des Confédérés en 1339, à la bataille de Laupen. Un drapeau de troupe commun à toute la Suisse, avec la croix blanche alésée sur fond rouge, a été créé en 1840 à l’instigation de Guillaume Henri Dufour ; la Constitution fédérale de 1848 mentionne expressément le drapeau fédéral.

La Suisse a-t-elle eu un autre drapeau ?

Oui. Sous la République helvétique, le Directoire helvétique décida le 13 février 1799 l’introduction de nouveaux drapeaux vert, rouge et jaune. Selon le règlement sur les drapeaux de l’armée, ce tricolore helvétique peut être considéré comme le premier drapeau national suisse. Avec l’Acte de médiation de 1803, les drapeaux à croix blanche revinrent.

Quand la forme de la croix suisse a-t-elle été fixée ?

Le 12 décembre 1889, l’Assemblée fédérale décida que les armoiries de la Confédération sont, sur fond rouge, une croix blanche verticale et alésée, dont les branches égales entre elles sont d’un sixième plus longues que larges. La loi sur la protection des armoiries de 2013 a repris cette définition et fixe en plus la forme, la couleur et les proportions du drapeau.

Quelle est la différence entre drapeau et pavillon ?

Selon le Dictionnaire historique de la Suisse, le drapeau était à l’origine une pièce unique fixée à une hampe, exposée lors de certaines occasions mais jamais hissée, tandis que le pavillon vient de la navigation du XVIIe siècle et se hisse.

Sources

Ce guide s’appuie sur les sources suivantes :